L' Église catholique romainePar le nombre de ses fidèles, l' Église catholique romaine est la principale religion du monde et la branche la plus importante du christianisme. Elle se définit, notamment dans les paroles du Credo, comme "une" (en elle subsiste l'unique institution fondée par le Christ pour y rassembler le peuple de Dieu), "sainte" (par son lien unique avec Dieu, d'"Épouse du Christ"), "catholique" (répandue par toute la terre et portant l'intégralité du dépôt de la foi) et "apostolique" (fondée par les apôtres et poursuivant leur mission). Les catholiques romains sont les chrétiens baptisés dans cette Église. Un des traits qui les caractérisent est la reconnaissance de l'évêque de Rome, appelé pape, comme successeur direct de Pierre et comme vicaire de Jésus-Christ. L'épithète "romain" les distingue d'autres formes de catholicisme apparues au cours de l'histoire récente, eux-mêmes se dénommant simplement "catholiques".
EcclésiologieL'Église catholique considère que par la succession apostolique, elle est la continuatrice des apôtres (Église apostolique). En effet, les Apôtres ont désigné des évêques, leurs successeurs, qui ont eux-mêmes nommé d'autres successeurs, le tout constituant une succession ininterrompue d' évêques jusqu'à aujourd'hui. Pour l'Église catholique, tout évêque est le successeur des apôtres : il a en charge une Église locale (son diocèse) sur lequel il doit veiller. En fait, l'Eglise catholique se considère comme l'unique Eglise de Pentecôte, ayant survécu jusqu'à nos jours à travers les âges sans aucune solution de continuité, et ayant préservé sa foi intégrale, son espérance et sa charité dans l'unité des frères. Le pape est l'évêque de Rome, successeur de Pierre. À ce titre il est le premier des évêques et doit veiller à l'unité de l'Église. L'Église catholique romaine est constituée de toutes les Églises locales dont l'évêque est en communion avec le pape. La direction universelle, ou internationale, de l'Église est assumée par le pape et par l'ensemble des évêques, réunis en concile œcuménique sur convocation du pape. Les conciles sont rares, convoqués à des moments exceptionnels. L'essentiel du gouvernement de l'Église se trouve au Saint-Siège qui réside principalement dans la Cité du Vatican (voir Gouvernement de l'Église catholique romaine ), dont le pape est également le chef d'État. L'Église catholique romaine se reconnaît comme « la seule subsistance de l'Église primitive fondée par Jésus-Christ » ( Dominus Jesus ) par « succession apostolique continue » du christianisme des premiers siècles (cf. Christianisme Primitif ). Elle considère détenir, seule, « la plénitude du dépôt de la foi » dont la doctrine a été fixée lors des sept premiers conciles œcuméniques. Elle considère également être, seule, « pleinement médiatrice de salut ». Tout territoire où elle est installée est entièrement son territoire canonique. Elle affirme avoir autorité sur toutes les autres Églises chrétiennes et revendique de celles-ci qu'elles lui reconnaissent la primauté en dignité ( Pastor Æternus, 1870, titre III). C'est une des raisons pour lesquelles elle décline pour l'instant toute adhésion au Conseil œcuménique des Églises bien que depuis le Concile Vatican II elle ait adhéré au principe de l' œcuménisme. Ordination et sacerdocesTous les catholiques ont reçu de par l'onction du baptême, complété par la chrismation ou confirmation le sacerdoce baptismal qui les fait « prêtres, prophètes et rois ». En outre le sacrement de l'ordre donne à certains de ses membres un sacerdoce ministériel. Ces deux sacerdoces sont différents et complémentaires. « Alors que le sacerdoce commun des fidèles se réalise dans le déploiement de la grâce baptismale, vie de foi, d'espérance et de charité, vie selon l'Esprit, le sacerdoce ministériel est au service du sacerdoce commun, il est relatif au déploiement de la grâce baptismale de tous les chrétiens ». (Instruction sur quelques questions concernant la collaboration des fidèles laïcs au ministère des prêtres, Libreria editrice vaticana, cité du Vatican 1997).En outre, en vertu de certains vœux, certains baptisés s'engagent de façon particulière au service de Dieu, de l'Église et du monde, notamment dans les ordres religieux. On distingue ainsi:
La foi de l'Église catholique romaineLes deux sources de la foiL'Église catholique professe que Dieu s'est révélé définitivement en la personne de Jésus-Christ. L'accès à cette révélation se fait par deux sources, l'Écriture et la Tradition. Les ÉcrituresPour l'Église catholique, la Bible est une parole humaine inspirée divinement; par conséquent elle est vraiment la Parole de Dieu. L'Écriture (la Bible) est constituée de la première et la nouvelle Alliance. La première Alliance est constituée de textes religieux juifs antérieurs à Jésus de Nazareth. Elle correspond à la bible juive augmentée des livres deutérocanoniques ( apocryphes pour les Églises réformées ). Les textes de la Nouvelle Alliance ( Évangiles, Épîtres, Apocalypse ) sont postérieurs à Jésus. Son contenu est le même que celui des autres Églises chrétiennes. l'Église catholique reste particulièrement attachée à la traduction latine de la Bible par saint Jérôme, appelée Vulgate, qui a été encore mise à jour en 1979 par Jean-Paul II. Mais depuis plus d'un siècle les traductions catholiques de la Bible en langues vernaculaires se sont multipliées. Parcours spécialisé : Écritures
La TraditionÉtant exprimée dans le langage culturel des communautés de l'époque de sa rédaction, la Bible est d'une part sujette à interprétation et d'autre part ne peut pas répondre immédiatement à des questionnements formulés dans des contextes différents. La manière d'interpréter l'Écriture et la foi sont donc aussi contenues dans ce que l'Église se transmet de génération en génération. Le concile Vatican II réaffirme que la Tradition explique les Écritures ( constitution dogmatique Dei Verbum ) constituant une autre source de ses doctrines.
Les Écritures constituent la première tradition.
Elle témoigne du questionnement ininterrompu sur la foi et de l'élaboration constante des définitions de foi au travers des siècles. Parcours spécialisé : la tradition La base de la théologie et de l'ecclésiologie catholiques trouvent leur origine dans :
La théologie médiévale catholique est un filon de la philosophie médiévale.
Confessions de foi, ou professions de foiDans l'Évangile déjà, de nombreux contemporains de Jésus disent leur foi en lui. À Césarée de Philippe, Pierre professe : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu Vivant » (Matthieu, 8,16). Après la résurrection de Jésus et la Pentecôte, il annonce : « Ce même Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a fait le Seigneur et le Christ.» (Actes 2, 36). À partir de ces embryons et face aux questionnements, l'Église a élaboré différentes synthèses de la foi. De nos jours, deux sont restées :
Les professions de foi ont un rôle non seulement doctrinal mais aussi mystique et liturgique. Par elles, l'Église redit sa confiance (foi) en Dieu et réaffirme les grands mystères de la foi chrétienne :
C'est pourquoi l'adhésion à ces textes et à ce qu'ils affirment est une condition nécessaire pour faire partie de l'Église catholique romaine. Ainsi, non seulement ils sont étudiés (voir le Catéchisme de l'Église catholique (1992)), mais ils sont aussi repris par les catholiques lors de leur baptême et leur confirmation et redits à chaque messe dominicale. Antérieurs au Grand Schisme de 1054, ces textes sont utilisés par de nombreuses autres Églises chrétiennes. Dogmes et doctrinesÀ partir du Concile de Chalcédoine, l'Église n'a plus ajouté d'articles aux professions de foi. Les papes et les conciles ont formulé un certain nombre de dogmes à partir de l'Écriture et de la Tradition. L'articulation des dogmes est juridiquement codifiée. Parmi les dogmes spécifiques à l'Église catholique romaine promulgués depuis 1054, on trouve :
Parcours spécialisé : dogmes et doctrines
Articles spécialisés
LiturgieLe point culminant de la liturgie catholique est la fête de Pâques, fête de la résurrection de Jésus. Elle est précédée du temps du Carême qui se termine par la Semaine Sainte, avec le Jeudi Saint (avec la messe chrismale où est béni le Saint-Chrême ), le Vendredi Saint et la Veillée Pascale (où ont lieu de nombreux baptêmes). Cette fête est suivie d'une période de cinquante jours appelée « temps pascal » qui se termine par la Pentecôte. La résurrection de Jésus est aussi célébrée chaque dimanche, et chaque semaine est couronnée liturgiquement par le dimanche. L'année liturgique débute par l'Avent, temps de préparation à la Nativité ( Noël ) qui commence quatre semaines avant ; elle se termine par la fête du Christ-roi. À chaque jour de l'année est associé un passage des Évangiles. Une année ne suffisant pas, la lecture de l'ensemble des textes liturgiques s'étale sur trois ans, appelés années A, B et C. Le lectionnaire est le nom du livre qui regroupe ces lectures dans l'ordre chronologique. MesseLa messe est la célébration centrée autour de l' Eucharistie. Toute la vie liturgique gravite autour de cette célébration. Ceci est particulièrement vrai pour la messe dominicale qui a lieu le dimanche ou le samedi soir. Il est demandé aux catholiques d'y participer chaque dimanche ( l'obligation dominicale ). Le rituel d'une messe catholique est le même pour tous les diocèses. Jusqu'au Concile de Vatican II, la messe était célébrée en latin selon le rite de Pie V ( messe tridentine ). Depuis lors elle est aussi et majoritairement célébrée selon le rite de Paul VI soit en latin soit en langue vernaculaire (voir ordo novus ). En fonction de leurs théologies et spiritualités, certaines Églises locales ont quelques aménagements de rites (rite ambrosien à Milan ), de même que les Églises orientales (rites byzantin, copte, syriaque, arménien, etc.) et certaines congrégations religieuses. Il existe également des aménagements liés aux circonstances, par exemple s'il s'agit d'une messe dominicale, d'une messe de mariage ou d'une messe d'enterrement. Ces aménagements sont codifiés. Dans le rite latin, la messe comporte deux parties principales : la liturgie de la Parole et la liturgie de l'Eucharistie. Une messe selon le rite de Paul VI dure environ 3/4 d'heure, temps variable qui dépend de l'ampleur donnée à la liturgie, aux chants, à l'homélie. Selon les époques, le fidèle a été amené à communier (recevoir l'Eucharistie) plus ou moins fréquemment. Depuis le concile du Latran IV, il est obligatoire de communier au moins une fois lors de la fête de Pâques. SacrementsLes sacrements, sont des signes de l'action de Dieu dans la vie d'un croyant et de l'Église. L'Église catholique romaine en distingue sept:
Les trois premiers constituent les sacrements de l'initiation chrétienne. Le baptême et la confirmation ne sont conférés qu'une seule fois à une même personne. L'Église distingue également des sacramentaux, comme les bénédictions d'une maison, d'un rosaire, d'une voiture, de catéchistes, les funérailles chrétiennes, le sacre des rois (qui n'est plus pratiqué par l'Église catholique romaine depuis...) Liturgie des HeuresLa liturgie des heures est la prière commune de l'Église catholique. Le contenu des offices, récités ou chantés seul ou en communauté est commun à l'Église. Depuis la réforme liturgique de Vatican II, Les offices sont
Les offices du matin et du soir sont qualifiés d'heures majeures, et sont plus long que les autres. Sur une période de quatre semaines, l'ensemble des psaumes sont chantés. Certains ordres ou congrégations ont une liturgie des heures propre. Autres dévotions1. la prière individuelle
Théologie moraleLa théologie morale est l'expression par laquelle l' Église catholique romaine désigne ses conceptions morales. On peut reconnaître l'orientation globale de cette conception par une réflexion reposant sur plusieurs « axiomes » :
Reproduction
L'Église catholique romaine défend ( Humanæ Vitæ ) la doctrine de la vie dès la conception c'est-à-dire la qualité d'être humain à part entière à l'embryon, et ce quelques soient les circonstances de cette conception. La conception est considérée comme une œuvre impliquant les parents et l'intervention pleine et entière de Dieu à l'instant même de la conception où il introduit l'âme humaine (enc.1995). L'Église catholique romaine relance donc toujours la querelle de l'animation (à partir de quand peut-on parler d'un être humain, d'une personne ?). Elle défendit successivement les doctrines du commencement de la vie suivantes :
Bioéthique
Famille
Courants à l'intérieur de l'Église catholique romaineOutre les diverses Églises se réclamant du catholicisme, le catholicisme romain abrite plusieurs courants :
Situation de l'Église catholique dans le mondePolitiqueDu fait de l'ambition politique des papes et du caractère nobiliaire des dignités et grades ecclésiastiques, l'histoire temporelle de l'Église catholique romaine s'entremêle étroitement avec l'histoire de l' Occident, jusqu'au printemps des peuples. Longtemps puissance temporelle, l'Église catholique romaine se concentre progressivement sur sa mission spirituelle. Depuis Pastor Æternus, 1870, l'ambition de primauté symbolique se substitue à l'exercice temporel du pouvoir, progressant suivant les relations qu'elle entretient avec les gouvernements comme avec les autres religions. Voir Lutte du Sacerdoce et de l'Empire. En 1929, le pape Pie XI signera les accords du Latran avec l'État italien qui lui concédera l'existence de l'État du vatican. L'Église catholique est toujours présente dans les institutions politiques internationales ( ONU, Europe). Elle joue parfois un rôle de médiation dans certains conflits. Débats contemporainsUne procédure de non réception est en cours que peu de catholiques ont remarquée. On supprime, sans bruit et sans débat, le Filioque du symbole de Nicée-Constantinople. Cette procédure est en cours depuis la publication de la déclaration Dominus Jesus, en 2000 dont il fut absent 4 jours durant dans la version française publiée sur le site du Vatican. Rétabli dans la version française, il est toujours absent des versions dans les autres langues européennes de la confession de foi qui ouvre le document. Les observateurs ont remarqué que dans les prières publiques, le pape Jean-Paul II l'omettait systématiquement. Le Filioquisme, un ajout de Charlemagne, matérialise une série de ressentiments entre les christianismes orientaux et occidental, qui aboutit au Grand Schisme de 1054. L'actuelle procédure de non-réception est significative des efforts de l'église romaine en directions des églises orthodoxes. C'est la première fois qu'elle consent un compromis doctrinal. |
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