La Bible

Bible de Gutenberg, Bibliothèque du Congrès, Washington D.C.
Bible de Gutenberg, Bibliothèque du Congrès Washington D.C.

Sommaire

Introduction

La Bible est le nom courant du regroupement des principaux textes sacrés, dans le judaïsme et le christianisme, bien que chacune de ces religions, voire chaque courant en son sein, ait un rapport différent à ces textes.

Elle traite de l'histoire des relations du peuple d' Israël avec Dieu, proclamé unique et universel ( monothéisme ). Le mode de ces relations est l'alliance. Le moyen de cette alliance, pour le judaïsme, c'est la Loi ( Torah ), enseignée de génération en génération ; pour le christianisme, c'est la personne de Jésus-Christ et la foi en sa Résurrection.

Le corpus biblique réunit des œuvres variées, appelées livres. D'où l'étymologie grecque  : τ ὰ βι ϐ λία ( ta biblia ), « les livres » ( neutre, pluriel de τ ὸ βι ϐ λίον, « papier, livre » ; le pluriel neutre a été confondu avec un féminin singulier en latin, d'où le mot français). La liste des livres retenus, appelée canon (mot grec signifiant règle ), varie selon les diverses confessions ; voir la liste des livres de la Bible. Leur nombre varie de 24 à 73 livres (la différence est aussi due à des regroupements).

L'histoire de la fixation du canon est un phénomène complexe, d'autant que cela concerne deux religions elles-mêmes diverses, et qui se sont séparées à cette époque-là ! Ainsi, par exemple, le Talmud garde trace des discussions pour savoir s'il fallait admettre dans le canon juif le Cantique des Cantiques et le livre d'Esther, qui ont été acceptés, ou la Sagesse de Ben Sira ( Siracide ou Ecclésiastique ), qui ne l'a pas été. La version hébraïque canonique est dite " massorétique ".

Ce n'est qu'en 1227 que Stephen Langton, professeur à l'Université de Paris, puis archevêque de Canterbury, a définitivement normalisé la division de la Bible en chapitres et versets, ce qui permet de faire correspondre commodément les versions hébraïque, grecque, latine et autres, et fait aujourd'hui de la Bible, pour le plus grand bonheur des moteurs de recherche, une remarquable " base de données" multilingue

La Bible hébraïque

La Bible hébraïque, écrite en hébreu (comme le nom l'indique) avec quelques passages en araméen, est divisée en trois grandes parties, résumées par le terme de TaNaK, initiales de leurs titres hébreux, la Torah, les Neviim, les Ketouvim  :

  • la Loi, dont le nom hébreu est la Torah, constituée des cinq livres attribués à Moïse, et dont la narration couvre la période allant de la création du monde à la mort de Moïse, qui a amené le peuple d' Israël hors d' Égypte jusqu'aux portes de la Terre promise, en passant par le mont Sinaï où il a reçu les commandements de Dieu ;
  • les Prophètes, en hébreu Neviim, qui narrent l'installation d' Israël en Canaan jusqu'à l' Exil à Babylone, et relatent la prédication des prophètes envoyés par Dieu parler en son nom ;
  • les Autres Écrits, en hébreu Ketouvim, qui s'ouvrent par les Psaumes et des écrits de Sagesse, et complètent l'historiographie avec le retour de l'Exil.

On considère habituellement que la Torah fut promulguée en 398 av. J.-C. par Esdras. À l'époque romaine, les Prophètes ne sont pas reçus par la totalité du judaïsme, et la liste des Autres Écrits était encore ouverte. Avant même la traduction grecque ont existé en araméen, langue officielle de l'empire perse à l'ouest de l'Euphrate, des traductions commentées, appelées "Targoum", qui attestent une lecture publique des livres bibliques. (Voir : Targum, dans Wikipedia en anglais)

Le TaNaK semble avoir été adopté dans sa composition actuelle par les Pères de Yabné sans doute au début du II e  siècle de l'ère chrétienne. C'est la Bible selon le judaïsme. C'est ce texte-ci qui sera retenu en 1530 comme Ancien Testament par les protestants, qui l'éditeront pourtant dans l'ordre des livres de la Bible grecque.

La Bible grecque

Selon une pieuse légende rapportée par la Lettre du pseudo-Aristée ( Sources chrétiennes n°89, Paris, Le Cerf, 1962) et amplifiée depuis, la traduction en grec de la Torah est l'œuvre de soixante-dix ou soixante-douze savants juifs, qui, à la demande des autorités grecques d' Égypte (et isolés pendant soixante-douze jours, selon certaines versions), aboutirent à un texte commun, d'où le nom de Septante qu'on donne à cette traduction du IV e ou du III e  siècle, et à toute la Bible grecque par extrapolation. Les autres livres ont été traduits, voire écrits directement, en grec, au fil des siècles suivants.

Ce corpus sera adopté tel quel par les premiers chrétiens, pour leur Ancien Testament et rejeté par les rabbins. Lors de sa traduction latine, la Vulgate, Jérôme choisira la version hébraïque lorsqu'elle existe, et mettra en annexe les livres pour lesquelles elle n'existe pas ou plus. Mais le catholicisme et, bien sûr, l' orthodoxie qui lit le grec, garderont l'ordre des livres de la Septante, à savoir :

  • le Pentateuque (= les cinq livres de la Loi),
  • les livres historiques (regroupant les premiers Prophètes et certains des autres écrits,
  • les livres poétiques et de sagesse,
  • les écrits des prophètes.

Les Livres deutérocanoniques ou apocryphes

Ce sont les livres de l' Ancien Testament catholique ou orthodoxe, rejetés du canon par les protestants comme n'appartenant pas à la Bible hébraïque, mais néanmoins considérés comme utiles. Ceux-ci les nomment apocryphes (= cachés, rejetés). Les catholiques les nomment deutérocanoniques, à la suite du concile de Trente en 1546.

Il faut noter que certains des livres de la Septante n'ont pas été reçus même comme deutérocanoniques. Ils ne sont reconnus par aucune Église et sont appelés apocryphes ou pseudépigraphes (= écrits sous une fausse signature). Ils forment avec d'autres de la même époque ce qu'on appelle aujourd'hui les écrits intertestamentaires.

Le Nouveau Testament

Le Nouveau Testament, ou nouvelle alliance, est l'ensemble des livres canoniques pour le christianisme, qui témoignent de la personne de Jésus de Nazareth que les chrétiens déclarent Christ, c'est-à-dire le Messie annoncé par l' Ancien Testament et le Seigneur du monde, de sa prédication, de sa résurrection, et de son annonce par les Apôtres de la primitive Église. Il est rédigé, comme la Septante, en grec commun, κοινή ( koinè ), au I er  siècle.

C'est à la suite de la crise marcionite que l'idée d'un Nouveau Testament et d'une Bible le réunissant à un Ancien se fera jour.

Plusieurs autres livres, appelés apocryphes du Nouveau Testament, ont été écrits à partir du II e  siècle avec une prétention « biblique », mais souvent une tournure plus légendaire ou bien plus philosophique, voire ésotérique, et n'ont pas été inclus dans le canon biblique.

Histoire de la composition de la Bible

Après avoir été largement répandue pendant le XX e  siècle, l' hypothèse documentaire, partie de l'idée que les différents noms donnés à Dieu reflétaient des sources différentes, est aujourd'hui largement abandonnée.
Certains énoncent une hypothèse midrachique, selon laquelle le texte s'est développé selon des règles strictes à partir de la révélation faite à Moïse au mont Sinaï.
D'autres parlent d'inspiration littérale et lisent ainsi les dates avancées dans le texte comme vérité historique : Moïse serait ainsi lui-même l'auteur du Pentateuque dans sa forme actuelle, et ce à l'époque des Ramsès.
La critique scientifique (indépendante des différences confessionnelles) est aujourd'hui très largement en faveur d'une datation plutôt « basse » ( V e ou IV e  siècle, époque perse, voire grecque), sans qu'aucun nouveau consensus ne se dégage encore.

Lectures juives de la Bible

La lecture de la Torah est au centre du culte synagogal : à l'office du matin du Chabbat et des Fêtes, on lit une section d'un des cinq livres de Moïse. Les fidèles se disputent l'honneur de la lire eux-mêmes, ou, s'ils ne savent pas lire l'hébreu, de suivre la lecture de l'officiant. La bar-mitsva, cérémonie d'accueil dans la communauté du garçon de 13 ans, consiste à vérifier sa capacité de lecture de la section biblique du jour. La lecture d'un passage de la Torah est complétée par celle d'un autre passage d'un livre des Prophètes (Haftarah).

De même, les commentaires de la Bible sont au centre de la littérature talmudique.

Lectures chrétiennes de la Bible

Éditions françaises de la Bible chrétienne

Il existe aujourd'hui de nombreuses éditions, toutes excellentes du point de vue de la traduction scientifique. Certaines suivent de près les mots, d'autres le sens des phrases. Certaines ont vocation à la littérature, d'autres à toucher des gens parlant mal français. Bref, elles sont fort diverses.

On notera ainsi :

  • des traductions non confessionnelles :
    • la Bible de la Pléïade, aux éd. Gallimard, en 3 vol. plus 1 pour l'Intertestament,
    • la Bible des éd. Bayard
  • des traductions hébraïsantes :
    • celle d'André Chouraqui
    • celles d'Henri Meschonnic
  • des traductions catholiques :
    • celle de Port-Royal réalisée par Lemaître de Sacy (1672)
    • celle du chanoine Crampon, « la » Bible catholique française de la première moitié du XX e  siècle
    • celle du chanoine Osty
    • celle des moines de Maredsous
    • celle de l' École biblique et archéologique française de Jérusalem, couramment appelée Bible de Jérusalem
  • des traductions protestantes :
    • celle d'Ostervald, révision début XVIII e de celle du XVI e  siècle
    • celle de Darby, très littérale
    • celle de Louis Segond, « la » Bible protestante française du XX e  siècle
    • la Nouvelle Bible Segond entièrement refondue
  • des traductions œcuméniques ou interconfessionnelles :
    • la TOB ou traduction œcuménique de la Bible, fruit et moyen de relations renouées
    • la Bible en français courant
    • la Parole de Vie, en français fondamental

... et bien d'autres.

 

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